vanessaaseville

Vendredi 22 avril 2005

Et oui! Ça y est, moi aussi je rejoins la communauté des blogeurs. AujourdŽhui c'est l'anniversaire de William et c'est lui qui me fait un cadeau en me créant ce blog et en y mettant les premières photos. Les photos de la Feria sont passées par l'Australie...

Promis, je m'occupe très vite d'en mettre plein d'autres et d'écrire des articles vous racontant ma vie ici. En attendant appréciez toutes ces couleurs, ces visages souriants, cette bonne humeur qui ressortent de ces photos. Vive la feria !

Par Vanessa Narbona
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Mardi 26 avril 2005

 

On se rend compte dès qu’on arrive à Séville de la grande tradition religieuse. La ville est truffée d’églises, de monastères, de couvents… Mais ce qui est plus étonnant c’est quand on va boire un coup dans un bar et que les murs sont recouverts d’images saintes !

 

Avec l’arrivée du printemps, la ferveur catholique envahit les rues lors de la Semaine Sainte. Mais attention, bien que d’un œil extérieur on a l’impression que les sévillans sont extrêmement dévots, quand on discute avec eux, ils nous expliquent que ce n’est pas réellement de la religion mais de la tradition. Et c’est vrai que croyants, non croyants, croyants d’une autre religion, tout le monde se laisse prendre par l’émotion de cette grande fête.

 

A Séville, il y a 57 confréries religieuses. Chaque confrérie porte son adoration à un Christ et à une Vierge. La semaine sainte commémore la passion du Christ et sa résurrection. Chaque confrérie effectue donc son chemin de croix dans les rues de la ville. Imaginez ces 57 confréries se déplaçant dans les rues étroites de Séville, sachant que chaque confrérie regroupe plusieurs milliers de personnes. Et bien figurez vous que l’organisation est parfaite, les horaires sont respectés (chose impossible ici dans n’importe quelle autre situation). On peut récupérer un petit livret dans lequel sont indiqués, jour par jour, les horaires et les noms des rues où passent les processions.  Si on reste à un endroit fixe à regarder une procession passer on peut rester plus d’une heure et demi du premier pénitent au dernier.

Chaque procession est composée de pénitents (nazarenos, hermanos…) qui sont en général pieds nus mais peuvent porter des sandales, sont habillés de longues tuniques et de capuchons pointus (capirotes) ne laissant voir que leurs yeux et porte un long cierge à la main, de pasos (immenses plateaux -entre 1500 et 2000kg- supportant des statues du christ ou de la vierge ou des scènes de la bible portés à l’épaule par une cinquantaine d’hommes, les costaleros) et d’orchestres.

 

La semaine sainte je l’ai faite avec des vrais sévillans. Le but est d’aller d’une rue à l’autre par les petites rues transversales presque en courant pour voir le maximum de pasos. Le mardi saint j’ai passé 8h à courir d’une procession à l’autre dans les rues de Séville, magique ! Toutes les rues du centre sont coupées, les gens sont là par milliers dans les rues pour voir passer les images et les pénitents. Quand le paso passe, le silence total se fait. Le paso avance d’une vingtaine de mètres et s’arrête pour laisser le temps aux hommes accroupis de boire de l’eau et de souffler. Deux techniques pour se relever : la plus classique : tous les hommes se relèvent en sautant ensemble, le paso s’élève donc au-dessus de leurs épaules et retombe, ou plus dur : ils se relèvent en portant le paso petit à petit jusqu’à être debout (a pulso). Des hommes les guident à l’extérieur lorsqu’il faut tourner dans les rues étroites et les encouragent à la voix au moment de se relever.

De temps en temps le paso s’arrête devant un balcon où une femme ou un homme leur a fait signe, silence total de la foule. Une saeta retentit : L’homme ou la femme chante alors a cappella de manière improvisée une complainte pour le Christ ou la Vierge. C’est bouleversant. Il émane de la foule un profond respect et recueillement. La tête me tourne des odeurs d’encens et d’ azahares (orangers en fleur)…

Entre deux processions on s’arrête dans un bar boire une bière et manger des tapas, à vrai dire on a toute la journée une bière à la main.

Les premières processions commencent à sortir vers 14h, la dernière se termine vers 3h30. Sauf la nuit du jeudi au vendredi saint : la madruga qui dure toute la nuit jusqu’au vendredi midi. Je n’y suis hélas pas allée mais apparemment cette nuit-là les émotions sont à leur apogée, les gens se mettent à pleurer, à crier, à applaudir, une vraie folie collective…

Le seul trouble fête : la pluie. Les pasos ont une valeur inestimable : la statue en elle-même qui peut dater du XVIeme s., du XVIIe s., son habit en velours brodé d’or pour la vierge, sa couronne d’or, les milliers de fleurs l’ornant qui valaient cette année d’autant plus chère vue la sécheresse… C’est pourquoi dès que les gouttes commencent à tomber, les pasos sont vite protégés dans l’église la plus proche et ne ressortent plus. Cette année, il a plu le lundi soir et le mercredi soir, j’ai vu des  familles entières pleurer car cela faisait des mois qu’ils préparaient la procession.

En résumé, un mélange d’odeurs, de couleurs, de musique, d’émotions… de magie… A vivre !


 

Et en 2006:             

http://vanessaaseville.over-blog.com/article-2393764.html

http://vanessaaseville.over-blog.com/article-2490967.html

Par Vanessa Narbona
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Mardi 26 avril 2005

J’avais envie d’y aller, pour voir. Parce que j’avais vu ça à la télé espagnole quand j’étais petite et que ça m’avait marquée, en bien… Et je me disais qu’en vrai ça devait être autre chose… et j’avais raison, c’était incroyable !

 

J’y suis allée avec la femme d’un cousin qui y va tous les ans parce qu’elle adore ça. Et puis du coup, mon cousin sévillan qui n’y était jamais allé de sa vie s’est dit que c’était pas normal que sa cousine guiri (étrangère) y aille et pas lui. On a pris les places les moins chères (20 euros) parce que tout le reste était complet : grada de sol (en haut en plein soleil). Les plus chères sont les tendidos de sombra et ça doit approcher les 100 euros.

 

Autour de la plaza de toros, il y a plein de vendeurs : coussins, cigares, éventails, chapeaux, eau, … le parfait kit de l’aficionado mais tout ça ma cousine l’a dans son sac à dos pour elle et pour nous (sauf le cigare bien sûr). Quelle organisation !

On rentre dans les premiers pour voir la place vide. La couleur jaune albero du sable nous surprend tout de suite. Des hommes arrosent le sable pour qu’il ne vole pas et qu’il ne brûle pas les pieds. Pour l’instant on est tous seuls. Mais petit à petit, l’espace vital diminue. Et oui : nos pieds doivent se mettre au même endroit que les fesses du gros monsieur juste devant, et les pieds du monsieur derrière doivent arriver à se placer au même endroit que mes fesses. Vous pensez bêtement : je vais mettre mes pieds à gauche et à droite des fesses du monsieur sauf que les monsieurs à droite et à gauche de moi font pareil bref… On comprend ce que vivent les sardines dans une boîte de conserve… en plein soleil !!!

 

Lors d’une corrida il y a trois toreros et 6 toros. Chaque torero va donc toréer 2 fois. Pour ma corrida j’ai eu la chance d’assister à la cérémonie de l’alternativa : passage de novillero à torero. Je ne vous raconterai pas en détails le déroulement de la corrida, n’étant pas assez experte et ne connaissant pas les termes techniques. La corrida commence par el paseillo défilé des toreros et de leur cuadrilla (petite équipe de banderilleros, picadores..) précédés par les alguaciles à cheval au son du pasodoble joué par la fanfare des arènes. D’abord toute la cuadrilla torée le toro avec les capotes rouges et jaunes, puis entrent en scène les picadores et les banderilleros et enfin le torero se retrouve seul face au toro avec la muleta (petite cape rouge) et l’épée. Si la faena est bonne (c'est-à-dire si le torero arrive à faire de belles passes avec le toro et surtout si le toro est encore vif) les olé et les¡ bien ! fusent et surtout la fanfare de la plaza se met à jouer un pasodoble… Sinon, le public siffle. La mise à mort est un moment délicat : le torero doit planter son épée au niveau de la nuque du toro entre deux os, s’il n’arrive pas à planter l’épée du premier coup il perdra toute la gloire de sa buena faena.

 

Lors de ma corrida les 5 premiers toros sont arrivés plus morts que vifs à la dernière étape et chaque fois les gens sifflaient et criaient « mátalo ya ! » (« tues-le maintenant »). Mais attention pendant que le torero torée on se tait, si les gens parlent, si des téléphones sonnent les gens râlent : tssss (chut en espagnol), c’est sérieux la corrida.

Le dernier toro, lui, était encore très vif, la faena était bonne et a duré longtemps, la fanfare a joué, le public entier a sorti un mouchoir blanc et le président de la plaza a donné au torero 2 oreilles. Des hommes ont pris le torero sur leurs épaules et ont fait le tour de la place. Le public a jeté de multiples cadeaux au torero et son équipe les a ramassés.

A ma droite j’avais un gars qui avait l’air de s’y connaître, il arrêtait pas de répêter : « esto no es na » (« c’est rien ça », avec l’accent andalou s’il vous plaît). Pour le dernier toro il s’est tû, ça voulait dire que c’était bien. Chaque toro est toréé pendant environ 1/2h (entre le moment où il rentre et le moment où il meurt). Entre chaque toro, tout le monde se lève pour respirer et bouger les jambes. On se rassoit comme on peut, on rigole avec le voisin qui avait mon genou dans le dos pendant le toro précédent, on commente, on me donne plein de détails parce qu’on a compris que je n’y connaissais pas grand-chose. Bref on est aimable parce que la proximité des gens c’est pas si désagréable, ça fait partie de l’ambiance, on aura tout le temps d’avoir de la place quand on sera dans la rue, c’est ça la corrida !

Par Vanessa Narbona
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Mardi 3 mai 2005

Comment est-ce que je peux raconter ça ? Comme diraient les Sévillans : “esto no se cuenta, esto se vive !” (ça ne se raconte pas, ça se vit)

 

La Feria de Abril commence deux semaines après la fin de la Semaine Sainte. Le temps de se déculpabiliser de faire la fête. Pendant 1 semaine, pratiquement 24h/24, on fait la fête dans le Real de la Feria, un parc de 7 ha, véritable ville dans la ville située au sud du quartier de Los Remedios. En effet, à partir des premiers mois de l’année, on voit s’agiter beaucoup de monde sur ce bout de terrain complètement vide le reste de l’année. Ils vont construire une « portada » (un portail de plusieurs dizaines de mètres de hauteur), des casetas (petits ou moyens chapiteaux), des rues (avec leurs noms sur des panneaux), des guirlandes de lumières d’arbres en arbres…

La « portada » cette année a créée une grande polémique. Les années précédentes, elle a toujours représenté un monument, un palais de Séville mais cette année elle représentait trois éventails rouges et bleus. Trop moderne pour les Sévillans, apparemment.

Les casetas sont des petits chapiteaux à rayures (vertes et blanches ou rouges et blanches). Elles sont privées, ce sont des groupes d’amis, des confréries, des entreprises qui louent l’emplacement à l’année à la mairie, elles sont de taille petite en général (les meilleurs d’après les Sévillans). Pour y entrer il faut y être invité par un socio (un des propriétaires de la caseta) car un garde est en permanence à la porte pour empêcher que n’importe qui entre. Il y a une liste d’attente dans toutes les casetas pour devenir socio de celle-ci car il n’y a pas assez de place pour mettre toutes les casetas demandées, sachant pourtant que c’est une dépense conséquente à l’année. Les organisations politiques et sociales ont, elles, des grandes casetas ouvertes au public, mais l’ambiance n’y est, parait-il, pas du tout la même. Je n’y suis pas entrée mais elles sont bien pratiques pour les erasmus qui ne connaissent personne ayant une caseta, et apparemment on y fait la fête aussi très bien. Les casetas sont décorées à l’intérieur de la façon la plus kitch possible : ils en mettent le plus possible : de la dentelle, des tableaux, des miroirs, des rideaux, des lustres et bien sûr des chaises et des tables. La caseta est divisée en deux : la première partie constituée de tables et de chaises pour manger, et à partir d’une certaine heure, une fois les tables enlevées, de piste de danse pour les sévillanes et de scène de musique pour les petits groupes qui viennent jouer. La deuxième partie est constituée du bar et de la cuisine où sont préparées les tapas.

 

La feria commence le lundi soir à minuit officiellement par l’"alumbrado" (illumination des milliers d’ampoules constituant les guirlandes dans les rues et de la portada). Mais les socios commencent souvent le samedi précédent par une préferia (ils mangent boivent et dansent entre eux) et le lundi soir par la "noche del pescaito" (la nuit du poisson frit) où ils se réunissent entre eux autour de poisson frit avant d’ouvrir leurs casetas aux invités. Moi j’ai commencé la feria le lundi à minuit devant la portada lorsqu’elle s’est allumée accompagnée de Manolo et Angeles. Puis j’ai rejoint des copains de mon cousin pour  la première nuit de fête. 2 règles essentielles le premier soir :

-         on ne s’habille pas en traje de flamenca, sinon ça fait paysan, mais on s’habille élégamment quand même.

-         On se comporte bien dans les casetas où on entre pour que le garde nous connaisse et nous laisse entrer les prochains jours.

Pour cette première nuit on est rentré dans des casetas moyennes où personne ne connaissait les socios mais en levant le menton et en marchant d’un air assuré ça peut marcher aussi. On a bu de la manzanilla (vin blanc amère) : le premier verre, c’est pas bon, le deuxième, ça va mieux, le troisième, c’est bon, le quatrième, c’est de l’eau !! On m’a dit fais bien attention, ça te piège… et bien, je me suis levée avec un bon mal de tête mardi. J’ai dansé mes premières sévillanes à la feria (je savais bien que mes trois années de cours de flamenco allaient servir un jour), j’ai mangé beaucoup de jambon, de fromage… Et finalement j’ai regardé ma montre pour la première fois de la soirée : 5h45… mmmm… il est temps de rentrer ! Rendez vous demain à 13h30 avec mes oncles ! Pour rentrer, il y a des bus à un euro qui me ramènent juste à côté de chez moi, vraiment très bien organisé !!

 

Mardi, je me lève avec ce fameux mal de tête, dur, dur… A 13h30 mon oncle et ma tante viennent chez moi pour m’aider à m’habiller, me coiffer, mettre les fleurs dans les cheveux, les peignes, les bracelets, les boucles d’oreilles, etc… Mon habit est très simple par rapport à la plupart des Sévillanes comme vous pouvez le voir sur les photos. Me voilà prête à repartir à la feria, cette fois en traje de flamenca ! Aujourd’hui c’est ferié à Séville, heureusement ! Avant, le jour ferié était le lundi suivant, il s’appelait el "lunes de resaca" (le lundi de gueule de bois) mais finalement il a été bougé au mardi de la feria. On prend un taxi pour y aller, impossible d’avancer ! Entre les bus, les taxis et surtout "los carruajes de caballos" (voitures à cheval). Déjà dans les rues de Séville, il y a des couleurs partout. La plupart des femmes sont en traje de flamenca, elles se dirigent toutes vers la feria. Moins d’hommes sont habillés. Mais tous les hommes à cheval sont habillés en "corto" avec le "sombrero cordobés". Certains hommes à cheval sont accompagnés de femmes montées en croupe. Des femmes montent aussi seules à cheval mais cette fois en amazone et habillées comme telles et pas en flamenca. C’est un mélange incroyable de couleurs. Les chevaux sont décorés et les hommes qui les conduisent doivent aussi être habillés d’une certaine manière sinon ils peuvent être renvoyés de la feria. Et oui ! Car à partir d’aujourd’hui la feria est un théâtre géant, on se montre, on joue de son habit, de ses couleurs, on montre sa position sociale selon si on a un carruaje et selon le nombre de chevaux qui le tirent (de 1 à 5, selon ce que j’ai vu). Aujourd’hui je mange dans la caseta d’amis de mes oncles, Elena y Rafael, où on déguste de très bonnes tapas, on boit de la CruzCampo et de la Mazanilla. Je passe la soirée avec mon cousin Eugenio, qui est venu malgré sa jambe cassée et ses béquilles, et ses amis. Je rentre vers 3h du matin.

 

Mercredi, je ne vais pas au travail parce que la veille j’ai vu un de mes chefs dans sa caseta qui m’a dit que c’était pas la peine que je vienne mais que par contre il fallait que je vienne manger avec eux le midi dans une caseta. Je les rejoins donc vers 3h30 pour le déjeuner. Il y a pas mal de chefs de Cruzcampo, je passe une journée très agréable avec eux et leurs femmes, je goûte "al rabo de toro" (queue de toro en sauce), je danse encore des sévillanes et je bois bien sûr de la Cruzcampo de la manzanilla et du rebujito (1/3 manzanilla, 2/3 7up). Je rejoins les amis de mon cousin pour la soirée, je retrouve mes collocs et tout un groupe de français et je me couche tôt parce que demain , je travaille !

 

Que dire de plus ? Jeudi je ne m’habille pas, pour voir ce que ça fait d’y aller habillée normalement. Et bien, on se sent vraiment bizarre. C’est incroyable mais je me sens mieux en flamenca que en « civil », j’ai l’impression de faire touriste (pourtant, certaines femmes d'ici ne s’habillent pas de la semaine). On passe de caseta en caseta toute la nuit, car chaque ami du groupe a une caseta. On finit dans une caseta où il y a deux guitaristes/chanteurs qui jouent des sévillanes et des rumbas avec des textes du carnaval de Cádiz (au carnaval de Cádiz, les groupes créent des chansons sur les événements politiques et culturels de l’année, très drôles !). Ils mettent vraiment l’ambiance et ils font même un rappel.

 

Vendredi… pareil, j’ai retrouvé mon habit de flamenca. Mon cousin repasse une soirée à la feria et je la passe avec lui.

Samedi, j’hésite à y aller. Finalement, j’appelle les amis de mes oncles et je les rejoins dans leur caseta. Et j’ai vraiment bien fait d’y aller : une amie d’Elena a loué avec les autres socios de sa caseta un carruaje et nous propose de faire un tour. Je monte donc dans une voiture à cheval et je me rends compte du trafic incroyable qu’il y a dans les rues. Toutes les après-midis, de 13h à 20h, les carruajes et les chevaux se promènent et se montrent dans les rues de la feria. Il est souvent difficile de traverser la rue. De temps en temps ils s’arrêtent devant une caseta où ils ont des amis et les amis sortent avec des verres et des bouteilles, et sans descendre de cheval, boivent un verre en discutant et repartent. Mais attention, à 20h, la police à cheval, veille à ce qu’il n’y ait plus aucun cheval dans les rues. Il y a des concours du plus beau carruaje, du plus bel homme à cheval (costume et décoration du cheval, tenue), du plus beau couple à cheval avec femme en croupe, de la plus belle femme en amazone, de la plus belle caseta aussi…

Après cette petite balade en carruaje nous revenons à la caseta devant laquelle est arrêté tout un groupe de cavalier, je demande si je peux monter en croupe pour prendre en photo et ils m’aident volontiers à monter tout en sirotant leur rebujito. Un peu plus tard, je demande la même chose à un cavalier qui a un beau cheval blanc. Je n’aurai pas perdu ma journée ! Je repars avec de magnifiques photos !

Je passe ma dernière soirée de feria mais je commence à ressentir la fatigue. Les Sévillans ne vont en général pas à la feria le samedi et le dimanche, ils s’en vont à la plage car la feria est envahie par les madrilènes et les touristes du week-end, et que, d’après eux, l’ambiance n’est pas la même. Mais certains en profitent jusqu’au dernier jour.

Moi je n’aurai pas le courage d’y retourner le dimanche. A minuit je monterai juste sur le toit de mon immeuble pour regarder le feu d’artifices de clôture de la feria. Les socios se retrouvent ce dimanche soir autour de cava (champagne espagnol) et de gâteaux.

Une semaine de feria débutant tous les jours vers 15h et comme disent les Sévillans "on sait à quelle heure on arrive mais on ne sait jamais à quelle heure on va repartir", finalement, c’est suffisant !

Cette semaine je serai allée au boulot seulement deux jours mais apparemment c’est comme ça… mes chefs me l’ont dit et répété : la semaine de la feria, c’est spécial !

Par Vanessa Narbona
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Lundi 9 mai 2005

 Quand je suis arrivée à Séville mes cousins, mes collègues de bureau, des amis me l’ont dit : « Aquí en Sevilla se vive bien » (« Ici à Séville on vit bien »). Vu le nombre de personnes qui me l’a dit, j’ai vite pensé que c’était une phrase toute faite que se répétaient les Sévillans qui considèrent leur ville comme la plus belle du monde.

 

Mais en fait, ils avaient raison, c’est aussi simple que ça, on peut le résumer en ces quelques mots : « Se vive bien ». Les gens ici ne vivent pas pour gagner de l’argent pour avoir une grande maison, des vacances incroyables, avoir des promotions… Non ils vivent pour être heureux le jour même. Avoir de l’argent ? Suffisamment pour sortir le soir avec ses amis et maintenir sa famille. L’essentiel c’est d’avoir le temps. Le temps de sortir, de voir ses enfants, de s’occuper de sa famille, des anciens (je crois n’avoir jamais vu autant de personnes s’occuper de leurs parents d’un certain âge), d’aller à la plage, d’avoir des loisirs… bref, le temps aux dépends de l’argent. D’un autre côté, la vie n’étant pas chère à Séville, ils ne manquent de rien non plus et vivent exactement comme nous.

 

Ici on travaille pour vivre et pas l’inverse. Le fait de travailler le lendemain ne va pas empêcher les gens de sortir le soir. Ainsi, si on se balade vers 22h n’importe quel soir de la semaine, on voit les bars à tapas toujours pleins. Les Sévillans aiment se retrouver entre amis et comme il fait très souvent très beau l’habitude est de se retrouver dans les bars et non pas d’inviter à dîner chez soi comme on le fait en France. Autre chose, les Sévillans (et les Espagnols en général) ne rentreront jamais dans un bar vide, ils choisiront toujours le plus bondé même si ils n’auront pas la place de faire trois pas.

 

Les Sévillans se sont créer une vie agréable à domicile sans avoir besoin d’attendre les vacances pour profiter des sacrifices effectués pendant le reste de l’année.

 

Autre caractéristique des Sévillans : ils voient la vie toujours du bon côté. Si quelque chose de mal arrive ils relativisent le problème et continuent leur vie. Ils ne pensent pas tellement au futur, quand je leur parle de mes projets pour septembre, ils haussent les épaules, rigolent et me répondent que c'est bien loin septembre. Ils acceptent leur sort, ne sont pas anxieux. Une bonne leçon de vie pour moi !

 

Ici à Séville on vit bien et quand on a goûté à cette vie-là on n’a plus envie de la quitter…

Par Vanessa Narbona
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Vendredi 24 juin 2005

Voici encore un concept bien typique espagnol même si Mimine et Mat l'ont découvert en Hollande, importé là-bas par les Erasmus espagnols... Pourtant le climat joue beaucoup dans cette habitude.

De quoi s'agit-il ? Le botellón ou botellona consiste à boire dans les rues en groupe. Cela paraît simple comme ça mais les espagnols sont très organisés. Voici les accessoires nécessaires: une glacière, des sacs de glaçons, de l'alcool, des "softs", et des bières en format "litre" (de la cruzcampo à Séville) et des verres. Cela demande une grande organisation car quand la température ne descend pas en dessous des 30º garder des glaçons n'est pas si facile. De même, en hiver, il faut prévoir une écharpe et des gants car ils sont tellement habitués à boire dehors vu qu'il fait tout le temps beau que, quand il fait "froid", ils ne changent rien.

Il existe des places à botellón car quand on boit en groupe, bien sûr, on y va avec ses amis mais on veut être entourés de gens qui font la même chose. Donc les places sont envahies de centaines de personnes debout (parce qu'en Espagne on est debout toute la soirée) qui boivent, chantent sur des rythmes de rumba, jouent de la guitare.

Le problème c'est que les botellón sont bruyants. Imaginez des centaines de personnes, rire, crier, chanter sachant que le niveau sonore d'un espagnol est légèrement plus élevé que le notre. Du coup, les gens qui travaillent et qui habitent dans les apparts ayant des fenêtres donnant sur ce genre de place ne sont pas contents du tout car ils ne peuvent pas dormir. J'ai donc assisté à des manifestations anti-botellona (très prochainement les photos) et sur Internet on trouve toutes sortes de sites de modes d'emploi "Comment lutter contre les botellón ?"  (http://www.ruidos.org/Prensa/2004nov/041107_DiarioSevilla.html, http://www.ambientum.com/revista/2002_11/BTLLNCLLS1.asp). Les botellón ont déjà été interdits à Málaga et Madrid. Lors de cette manifestation, 7 voitures de police sont arrivées pour empêcher ces 50 personnes de continuer (j'imagine qu'ils n'avaient pas demander l'autorisation de manifester et ils bloquaient tout le trafic) alors que la nuit, les policiers ne peuvent rien faire contre les botellón puisqu'ils sont légaux.

Mais je crois que le pire dans les botellón est l'état dans lequel sont laissées les places au petit matin. Chaque sac en plastique ayant contenu de la glace est laissé par terre ainsi que les bouteilles. Les rues sont de vraies décharges. Toujours au petit matin passent dans toute la ville des camions de nettoyage qui nettoient et rincent à l'eau les rues pour qu'on les retrouve toute propre le matin. Incroyable l'argent qui serait économisé si chacun mettait son sac à la poubelle. En même temps, ça supprimerait énormément d'emplois...

 

Par Vanessa Narbona
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