Mardi 23 janvier 2007

J’ai longuement hésité à écrire cette deuxième partie. D’abord parce que c’est un blog public et que je ne peux pas parler aussi librement que je le voudrais. Peur de la critique ? Non, peur de la mauvaise interprétation, envie de ménager les susceptibilités des uns et des autres. Et puis il faut le dire aussi tout n’est pas encore clair dans ma tête, tantôt par ci, tantôt par là. Chaque pays, ville où l’on vit nous délivre après quelques mois ses qualités mais aussi ses défauts.

He tardado en decidirme a escribir esta segunda parte. Primero, porque es un blog público y que no puedo hablar tan libremente como lo quisiera. ¿Miedo a la crítica? No, miedo a la mala interpretación, deseos de no herir las susceptibilidades de unos y de otros. Y también hay que decir que todo no está claro en mi mente, unas veces por un lado otras veces por otro. Cada país, cada ciudad en la que vivimos nos enseña después de unos cuantos meses sus cualidades pero también sus defectos.

Sevilla : mi cultura.

« Aquí se vive bien » (“Ici on vit bien”). Voici l’une des premières phrases que l’on m’a dite quand je suis arrivée à Séville, puis régulièrement, à plusieurs reprises, ce refrain repris par tout le monde… « Aquí hay calidad de vida » (“Ici il y a de la qualité de vie”).

“Aquí se vive bien”. Esa es una de las primeras frases que me dijeron al llegar a Sevilla, y luego con regularidad, bastantes veces, este refrán tomado por todo el mundo… Aquí hay calidad de vida.

 

-          L’accueil

Je n’ai jamais eu l’impression d’être étrangère. J’ai été accueillie par ma famille comme une Narbona de plus qui rentrait chez elle. Certains me taquinaient un peu en m’appelant « guiri » mais ils ne me traitaient pas comme telle. Beaucoup de gens m’ont dit : « Si tú eres más Sevillana que yo » (« Tu es plus Sévillane que moi » ou encore « Esta nunca se irá »  (« Celle-là ne partira jamais ») et quand j’ai décidé de partir : « ¿Cuándo vuelves ?  ¡Si tú eres de aquí ! Volverás dentro de ná». (« Quand est-ce que tu reviens ? Mais si toi tu es d’ici. Tu reviendras dans pas longtemps »)

Connaître des gens est très facile, surtout pour une fille… Se faire des amis est un peu plus difficile mais là encore j’ai eu de la chance.  J’ai connu des gens incroyables : de la famille que je connaissais si peu et qui maintenant me manque, des amis erasmus de passage, des étrangers amoureux de cette terre, et des andalous de 20, 25, 30  ou 40 ans, des connaissances, des collègues, des amis qui m’ont aimée, qui m’ont aidée, qui m’ont accueillie chacun à une période durant ces deux années.

Nunca me he sentido extranjera. Mi familia me acogió como una Narbona más que volvía a casa. Algunos me llamaban guiri pero no se comportaban conmigo como si lo fuera. Mucha gente me ha dicho: « Si tú eres más Sevillana que yo » o también « Esta nunca se irá »  y cuando he decidido irme: « ¿cuando vuelves?  ¡Si tú eres de aquí! Volverás dentro de ná».

Conocer a gente es muy fácil, sobre todo para una chica… Hacerse amigos es más complicado pero he tenido suerte. He conocido gente excepcional: familiares que conocía poco y que ahora echo de menos, amigos erasmus que pasaban por allí, algunos extranjeros enamorados de esta tierra que se quedaban, y andaluces de 20, 30, 35 o 40 años, conocidos, compañeros de trabajo y amigos que me quisieron, me ayudaron, me acogieron cada uno en un momento durante estos dos años.

Les traditions/las tradiciones,

La semana santa : De la tradition pure. Une ville entière bloquée pour l’occasion.  Je ne voudrais pas répéter tout ce que j’ai déjà raconté sur le moment. Je vous invite à retrouver les liens de ces semaines 2005 et 2006 et aussi .

Et puis bien sûr la Feria. Rêve d’enfant enfin réalisé. Ma première feria (en 2005) a été incroyable : une explosion de sensations : visuelles, sonores, émotionnelles. C’était bien au-delà de tout ce que j’avais imaginé.  Je les ai vécues à fond ces ferias jusqu’à ce que mon corps ne puisse plus suivre : le matin au boulot, à 15h marchant sur l’albero et jusqu’à l’aube pour prendre une douche avant le retour au boulot. Rappelez vous les posts de 2005 et 2006.

Et toutes les autres ferias d’Andalousie, à retrouver au fil des pages de mon blog….

No quiero volver a decir lo que dije en su momento así que podéis leer sobre la Semana Santa : 2005 et 2006 y también aquí. Sobre la Feria: 2005 y 2006. Y otras ferias y fiestas de Andalucía si se consulta las páginas del blog…

 

-          Le boulot/El trabajo

Aaah… le boulot ! Comme dans tout le reste il y a du bon et du mauvais ….

Le petit dej est une des meilleures coutumes andalouses. Dans pratiquement toutes les entreprises on sort prendre son petit dej dans un bar à l’extérieur entre collègues. Ça permet de se connaître mieux dans un cadre plus détendu. On parle boulot mais on parle aussi vie privée, projets personnels…. Ici il est fréquent d’aller prendre une bière avec ses collègues le soir ou le vendredi après midi. Il est normal aussi d’inviter ses collègues, ses chefs à son anniversaire ou à son mariage. Je me souviens que mon chef de la Cruzcampo m’avait dit l’un des premiers jours : « Ici, c’est pas comme en France, tes collègues c’est ta deuxième famille, s’il y a quelque chose qui va pas il faut nous le dire ».

El desayuno es una de las mejores costumbres andaluzas. En casi todas las empresas se sale a desayunar en una cafetería con los compañeros. Ello permite conocerse mejor en un ambiente más relajado. Se habla de trabajo pero también de vida privada, de proyectos personales… Aquí es frecuente salir a tomar una cerveza con los compañeros por la noche o el viernes por la tarde. Es normal también invitar a sus cumpleaños o a su boda a sus compañeros de trabajo y a sus jefes. Me acuerdo que mi jefe de la Cruzcampo me dijo el primer día  “Aquí no es como en Francia, tu trabajo es tu segunda familia, si algo va mal, nos lo tienes que contar”.

Mais il y a l’autre face. La génération des Espagnols diplômés entrant dans la vie active est appelée « Los mileuristas ». Beaucoup de Bac+5 commencent leur carrière avec un salaire d’environ 1000 euros qui ne va pas beaucoup augmenter jusqu’aux 30-35 ans (on n’arrive pas à beaucoup plus de 2 000 euros brut). J’étais très étonnée en arrivant de voir que la plupart des jeunes proches de la trentaine vivaient encore chez leurs parents ou en collocation. Mais j’ai compris en voyant les salaires.

Et puis dans le domaine du consulting, les heures sup, les vacances non prises, le travail le soir et le we sans compensation d’aucune forme et toujours avec le même salaire… Plus on passe d’heures au bureau mieux on est vu. En arrivant dans cette boite j’ai demandé : mais vous n’avez pas de syndicats ? Un syndicat ? Mais on est cadres ! C’est pour les ouvriers les syndicats. Là il y a un vrai retard social….

Pero está la otra cara. La generación de Españoles diplomados llamados los mileuristas. Muchos tienen una carrera superior pero ganan poco más de 1000 euros hasta los 30 (no se llega a mucho más que dos mil euros brutos). Cuando llegué me extrañó mucho ver que gente de alrededor de 30 años vivían en casa de sus padres o en pisos compartidos. Pero lo entendí al conocer los sueldos.

Luego, en el sector de la consultoría, las horas extras, las vacaciones no disfrutadas, el trabajo por la noche y el fin de semana sin ningún tipo de compensación y siempre con el mismo sueldo. Cuantas más horas pasas en la oficina, mejor te ven. Cuando llegué a esta empresa, pregunté: ¿Pero no tenéis sindicato? ¿Un sindicato? ¡Somos ingenieros! Los sindicatos son para los obreros. Allí si que hay un retraso social….

-          La philosophie de vie

Aaaaah… le fatalisme andalou. Mon grand-père allait se coucher tous les soirs en disant : Hasta mañana si Dios quiere. A quoi bon se préoccuper du lendemain si demain nous pouvons être morts ? Pourquoi penser trop loin si aujourd’hui nous pouvons être heureux en n’y pensant pas. Le bon côté : voir des gens souriants, heureux, positifs tous les jours (pas des râleurs qui ne sont jamais contents comme les Français).

Une manière de vivre très différente donc. Le soir après le boulot ou le we on se retrouve en famille ou entre amis. On boit des bières sur les terrasses bondées au soleil, on rit, on oublie ses problèmes, on chante, Le soir on se fait beau, les femmes sont belles, maquillées, coiffées, les hommes aussi avec leurs cheveux gominés et leurs chemises à la mode. On sort toute la nuit et on boit beaucoup. Que demander de plus ? On est heureux, non ?

El fatalismo andaluz… Mi abuelo se iba por la noche a dormir diciéndonos “Hasta mañana si Dios quiere”. ¿Para qué preocuparse de lo que pasará mañana si podemos estar muertos? ¿Por qué pensar en algo tan lejos si hoy se puede ser feliz si no se piensa en ello? Eso permite ver gente sonriente, feliz, positiva todos los días (y no protestones franceses que nunca están contentos)

Una forma de vivir muy diferente. Por la noche después de trabajar o el fin de semana la gente se encuentra entre amigos o con la familia. Se bebe cerveza en las terrazas llenas de gente, al sol. Ríen, olvidan sus problemas, cantan… Por la noche la gente se arregla, las mujeres aparecen guapas, maquilladas, peinadas, los hombres también, con su pelo gominado y sus camisas a la moda. Se sale toda lo noche, se bebe mucho. ¿Qué más se puede pedir? Somos felices, ¿no?

Un ami originaire du Nord de l’Espagne me disait quand je suis arrivée à Séville : « Tu verras, le mieux, à Séville, ce sont les relations sociales. Ici, il n’y a pas de conflits, les gens ne râlent pas, ne se fâchent pas, ne montrent pas ce qu’ils pensent, ils prennent sur eux et affichent un beau sourire ou font une blague ». Eh bien c’est vrai, ceci permet des relations beaucoup plus faciles mais cela mène aussi aux dérives dont je parlais au travail. Pourquoi provoquer des conflits si, après, ça crée une mauvaise ambiance ?

Un amigo natural del Norte de España me dijo cuando llegué a Sevilla: “Verás, lo mejor de Sevilla son las relaciones sociales. Aquí no hay conflictos, la gente no protesta, no se enfada, no deja aparecer lo que piensa, más bien deja ver una sonrisa o hace una broma”. Así es. Eso permite que las relaciones sean mucho más fáciles pero lleva a extremos como el del que hablaba en el trabajo. ¿Para qué provocar conflictos si eso complica la vida ?

 Je me surprends maintenant à évoquer cette musique reggaetón, ces soirées en discothèques si insouciantes. J’ai passé deux ans à Séville. Pourtant je suis partie, et ne le regrette pas. J’aurai pu rester, il est si facile de s’adapter, de ne pas se poser de questions, vivre au jour le jour sans penser à ce qui se passe en dehors. Les andalous ont peut-être trouvé la recette du bonheur mais elle ne m’aura pas convaincue j’ai encore besoin de voir ailleurs ; peut-être ne s’étaient-ils pas trompés, je suis une citoyenne du monde…

Me sorprendo de echar de menos el reggaetón, esas noches en discotecas tan despreocupadas… He vivido dos años en Sevilla. Sin embargo he decidido irme, y no lo lamento. Me hubiera podido quedar, es tan fácil adaptarse, no hacerse preguntas, vivir al día día sin pensar en lo que pasa fuera de allí. Puede que los andaluces hayan encontrado el camino de la felicidad pero no me ha convencido, necesito todavía ver más mundo; puede que no se hayan equivocado, soy una ciudadana del mundo…

Par Vanessa Narbona - Publié dans : vanessaaseville
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