Bienvenue à Séville !

Voici le blog de ma vie à Séville.

Ayant la moitié de mes gènes sévillans, ce retour aux racines est l'accomplissement d'un rêve et la découverte de ma deuxième culture. Voici la vision de cette merveilleuse ville des yeux d'une franco-sévillane à la fois observatrice et citoyenne.

"Solamente dos legados duraderos podemos aspirar a dejar a nuestros hijos: uno, raíces; el otro, alas." Hodding Carter

Mercredi 11 avril 2007

Depuis que je suis partie de Séville j'ai fait la connaissance par mail d'une autre bloggeuse expatriée à Séville, Maïlis.
J'ai souvent reçu des messages me demandant des détails sur la recherche d'apparts, de boulot, de bons plans pour Erasmus à Séville.
Ayant de la famille ici à Séville et donc n'ayant pas eu à passer par les galères des premiers jours, et n'ayant jamais été étudiante dans cette ville, je me voyais mal vous conseiller. Mais Maïlis a commencé il y a peu un blog où elle regroupe une quantité d'infos pratiques très utiles aditionnées d'articles de fond sur la vie à Séville. Elle vient d'ailleurs de créer un article sur mes impressions sur Séville dont je la remercie! Je vous invite à le visiter, je suis sûre que vous en deviendrez très vite accros:


http://mailisaseville.canalblog.com/

Par Vanessa Narbona - Publié dans : vanessaaseville
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Lundi 26 mars 2007

Encore un week-end en voyage. Cette fois à Valence pour Las Fallas, les fêtes locales. Lors de ces fêtes, chaque quartier de la ville crée des sculptures en carton pâte qui seront brûlées le jour de la San José (la Cremà, le 19 mars). Ces sculptures, véritables ?uvres d?art, sont bourrées de références culturelles : politiques, artistiques, footballistiques, ?

Je suis arrivée à Valence vendredi 16 mars à 6h du matin par un car de nuit avec l?intention de visiter cette ville (que je ne connaissais pas) avant l?arrivée de mes compagnons.


J?ai tout d?abord découvert les Fallas si facilement accessibles à cette heure bien fraîche. Après un « chocolate con churros » à côté de la Cathédrale, je suis passée devant la Virgen de los Desemparados, montée sur son échafaud de bois et attendant son manteau de fleurs que viendront lui apporter, bouquet par bouquet, las Falleras les 17 et 18 mars, lors de grands défilés dans les rues. Pour cette occasion elles complèteront leurs robes et leurs coiffures si travaillées par de longues mantillas.

A 14h, je rejoignais la plaza del Ayuntamiento pour la Mascletà. La place est bondée de monde qui attend la pétarade de la mairie. Quelques minutes de tonnerre ! Impressionnant ! Mais ne croyez pas que les pétards se résument à ces quelques minutes. Toute la journée et toute la nuit les Valenciens lancent des pétards. Même au petit matin, la tradition de la despertà veut que les fêtards viennent réveiller leurs voisins endormis en lançant des pétards sous leurs fenêtres !


Je continue ma balade pour rejoindre  la partie moderne de Valence : le Palau de la Música, la Ciutat de les Arts i de les Ciències dont les bâtiments se surpassent les uns les autres par leurs prouesses architecturales.

Enfin je termine ma visite les pieds dans l?eau au nouveau port préparé pour la America?s Cup, lui aussi très moderne et dont les bars au mobilier très design sont très animés.

Mes amis finiront par me rejoindre pour un week-end de fallas, de défilés de Falleras, de buñuelos a la calabaza (beignets à la citrouille), de horchata de chufa ou orxata de xufa (boisson rafraîchissante à l?orgeat de souchet),  de paellas, de feux d?artifice et de pétards?. J?ai d?ailleurs lancé le premier pétard de ma vie !


Encore un week-end haut en couleurs !

Par Vanessa Narbona - Publié dans : vanessaaseville
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Lundi 26 mars 2007
Week-end à Londres fin janvier avec mes chers Sévillans. Visite diurne et nocturne de la ville.

Par Vanessa Narbona - Publié dans : vanessaaseville
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Dimanche 25 mars 2007

Bonjour à tous!
Certains lecteurs me demandent des nouvelles... j'avais décidé de terminer ce blog sur le bilan de mes deux années à Séville, mais comme vous me le demandez, je vais vous raconter mes derniers voyages en Espagne ou en compagnie de mes amis espagnols.

¡Hola a todos!
Algunos lectores me piden novedades... cuando había decidido terminar mi blog con el artículo del balance de mis dos años en Sevilla. Así que os voy a contar mis últimos viajes a España o con mis amigos españoles.

Je commence tout d'abord par le réveillon que j'ai passé à Madrid (Nochevieja). Bizarrement, je suis partie là-bas avec des Espagnols mais je me suis retrouvée dans une fête d'Expat français. Très bon réveillon où le champagne et le foie gras se mêlaient joyeusement au jamón de bellota et aux uvas.

Profitons-en pour expliquer la tradition des raisins aux Français non initiés. Les Espagnols ne se contentent pas d'attendre minuit et de trinquer avec du champagne en s'embrassant. Depuis toute petite j'ai appliqué cette tradition à la lettre: d'abord à Aguadulce dans le village de mes grands-parents, puis à Hendaye, même en Normandie avec mes amis français (!) et enfin à Madrid ! Car c'est à Madrid que tout se passe. C'est devant la Puerta del Sol que tous les Espagnols passent les dernières minutes d'une année et les premières de la suivante. Eh oui, soit devant la télé soit sur la place de la Puerta del Sol, tous les Espagnols ont les yeux rivés à son horloge. Le principe est simple: à chaque coup de minuit on mange un grain de raisin. Réussir à manger ses 12 grains garantit la chance pour l'année suivante. Mais tout cela demande une préparation: on prépare son ramequin avec les grains de raisin bien avant minuit (on les compte, on choisit les moins gros, certains les pèlent, les épépinent), on les garde soigneusement (gare aux farceurs qui vous enlèvent ou vous ajoutent un grain), et on se concentre. Car attention! Avant les 12 coups viennent les 1/4: 4 coups qui ne comptent pas et qui accompagnent la boule de l'horloge qui descend. Une année, la présentatrice de la chaîne télé qui diffuse l'événement s'était trompée. Imaginez le scandale, la moitié de l'Espagne privée de chance pour cette année-là! Enfin viennent les douze coups, la concentration est extrême, il s'agit de ne pas s'étouffer!
Allez, l'année prochaine, à vous d'essayer!

Par Vanessa Narbona - Publié dans : vanessaaseville
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Mardi 23 janvier 2007

J’ai longuement hésité à écrire cette deuxième partie. D’abord parce que c’est un blog public et que je ne peux pas parler aussi librement que je le voudrais. Peur de la critique ? Non, peur de la mauvaise interprétation, envie de ménager les susceptibilités des uns et des autres. Et puis il faut le dire aussi tout n’est pas encore clair dans ma tête, tantôt par ci, tantôt par là. Chaque pays, ville où l’on vit nous délivre après quelques mois ses qualités mais aussi ses défauts.

He tardado en decidirme a escribir esta segunda parte. Primero, porque es un blog público y que no puedo hablar tan libremente como lo quisiera. ¿Miedo a la crítica? No, miedo a la mala interpretación, deseos de no herir las susceptibilidades de unos y de otros. Y también hay que decir que todo no está claro en mi mente, unas veces por un lado otras veces por otro. Cada país, cada ciudad en la que vivimos nos enseña después de unos cuantos meses sus cualidades pero también sus defectos.

Sevilla : mi cultura.

« Aquí se vive bien » (“Ici on vit bien”). Voici l’une des premières phrases que l’on m’a dite quand je suis arrivée à Séville, puis régulièrement, à plusieurs reprises, ce refrain repris par tout le monde… « Aquí hay calidad de vida » (“Ici il y a de la qualité de vie”).

“Aquí se vive bien”. Esa es una de las primeras frases que me dijeron al llegar a Sevilla, y luego con regularidad, bastantes veces, este refrán tomado por todo el mundo… Aquí hay calidad de vida.

 

-          L’accueil

Je n’ai jamais eu l’impression d’être étrangère. J’ai été accueillie par ma famille comme une Narbona de plus qui rentrait chez elle. Certains me taquinaient un peu en m’appelant « guiri » mais ils ne me traitaient pas comme telle. Beaucoup de gens m’ont dit : « Si tú eres más Sevillana que yo » (« Tu es plus Sévillane que moi » ou encore « Esta nunca se irá »  (« Celle-là ne partira jamais ») et quand j’ai décidé de partir : « ¿Cuándo vuelves ?  ¡Si tú eres de aquí ! Volverás dentro de ná». (« Quand est-ce que tu reviens ? Mais si toi tu es d’ici. Tu reviendras dans pas longtemps »)

Connaître des gens est très facile, surtout pour une fille… Se faire des amis est un peu plus difficile mais là encore j’ai eu de la chance.  J’ai connu des gens incroyables : de la famille que je connaissais si peu et qui maintenant me manque, des amis erasmus de passage, des étrangers amoureux de cette terre, et des andalous de 20, 25, 30  ou 40 ans, des connaissances, des collègues, des amis qui m’ont aimée, qui m’ont aidée, qui m’ont accueillie chacun à une période durant ces deux années.

Nunca me he sentido extranjera. Mi familia me acogió como una Narbona más que volvía a casa. Algunos me llamaban guiri pero no se comportaban conmigo como si lo fuera. Mucha gente me ha dicho: « Si tú eres más Sevillana que yo » o también « Esta nunca se irá »  y cuando he decidido irme: « ¿cuando vuelves?  ¡Si tú eres de aquí! Volverás dentro de ná».

Conocer a gente es muy fácil, sobre todo para una chica… Hacerse amigos es más complicado pero he tenido suerte. He conocido gente excepcional: familiares que conocía poco y que ahora echo de menos, amigos erasmus que pasaban por allí, algunos extranjeros enamorados de esta tierra que se quedaban, y andaluces de 20, 30, 35 o 40 años, conocidos, compañeros de trabajo y amigos que me quisieron, me ayudaron, me acogieron cada uno en un momento durante estos dos años.

Les traditions/las tradiciones,

La semana santa : De la tradition pure. Une ville entière bloquée pour l’occasion.  Je ne voudrais pas répéter tout ce que j’ai déjà raconté sur le moment. Je vous invite à retrouver les liens de ces semaines 2005 et 2006 et aussi .

Et puis bien sûr la Feria. Rêve d’enfant enfin réalisé. Ma première feria (en 2005) a été incroyable : une explosion de sensations : visuelles, sonores, émotionnelles. C’était bien au-delà de tout ce que j’avais imaginé.  Je les ai vécues à fond ces ferias jusqu’à ce que mon corps ne puisse plus suivre : le matin au boulot, à 15h marchant sur l’albero et jusqu’à l’aube pour prendre une douche avant le retour au boulot. Rappelez vous les posts de 2005 et 2006.

Et toutes les autres ferias d’Andalousie, à retrouver au fil des pages de mon blog….

No quiero volver a decir lo que dije en su momento así que podéis leer sobre la Semana Santa : 2005 et 2006 y también aquí. Sobre la Feria: 2005 y 2006. Y otras ferias y fiestas de Andalucía si se consulta las páginas del blog…

 

-          Le boulot/El trabajo

Aaah… le boulot ! Comme dans tout le reste il y a du bon et du mauvais ….

Le petit dej est une des meilleures coutumes andalouses. Dans pratiquement toutes les entreprises on sort prendre son petit dej dans un bar à l’extérieur entre collègues. Ça permet de se connaître mieux dans un cadre plus détendu. On parle boulot mais on parle aussi vie privée, projets personnels…. Ici il est fréquent d’aller prendre une bière avec ses collègues le soir ou le vendredi après midi. Il est normal aussi d’inviter ses collègues, ses chefs à son anniversaire ou à son mariage. Je me souviens que mon chef de la Cruzcampo m’avait dit l’un des premiers jours : « Ici, c’est pas comme en France, tes collègues c’est ta deuxième famille, s’il y a quelque chose qui va pas il faut nous le dire ».

El desayuno es una de las mejores costumbres andaluzas. En casi todas las empresas se sale a desayunar en una cafetería con los compañeros. Ello permite conocerse mejor en un ambiente más relajado. Se habla de trabajo pero también de vida privada, de proyectos personales… Aquí es frecuente salir a tomar una cerveza con los compañeros por la noche o el viernes por la tarde. Es normal también invitar a sus cumpleaños o a su boda a sus compañeros de trabajo y a sus jefes. Me acuerdo que mi jefe de la Cruzcampo me dijo el primer día  “Aquí no es como en Francia, tu trabajo es tu segunda familia, si algo va mal, nos lo tienes que contar”.

Mais il y a l’autre face. La génération des Espagnols diplômés entrant dans la vie active est appelée « Los mileuristas ». Beaucoup de Bac+5 commencent leur carrière avec un salaire d’environ 1000 euros qui ne va pas beaucoup augmenter jusqu’aux 30-35 ans (on n’arrive pas à beaucoup plus de 2 000 euros brut). J’étais très étonnée en arrivant de voir que la plupart des jeunes proches de la trentaine vivaient encore chez leurs parents ou en collocation. Mais j’ai compris en voyant les salaires.

Et puis dans le domaine du consulting, les heures sup, les vacances non prises, le travail le soir et le we sans compensation d’aucune forme et toujours avec le même salaire… Plus on passe d’heures au bureau mieux on est vu. En arrivant dans cette boite j’ai demandé : mais vous n’avez pas de syndicats ? Un syndicat ? Mais on est cadres ! C’est pour les ouvriers les syndicats. Là il y a un vrai retard social….

Pero está la otra cara. La generación de Españoles diplomados llamados los mileuristas. Muchos tienen una carrera superior pero ganan poco más de 1000 euros hasta los 30 (no se llega a mucho más que dos mil euros brutos). Cuando llegué me extrañó mucho ver que gente de alrededor de 30 años vivían en casa de sus padres o en pisos compartidos. Pero lo entendí al conocer los sueldos.

Luego, en el sector de la consultoría, las horas extras, las vacaciones no disfrutadas, el trabajo por la noche y el fin de semana sin ningún tipo de compensación y siempre con el mismo sueldo. Cuantas más horas pasas en la oficina, mejor te ven. Cuando llegué a esta empresa, pregunté: ¿Pero no tenéis sindicato? ¿Un sindicato? ¡Somos ingenieros! Los sindicatos son para los obreros. Allí si que hay un retraso social….

-          La philosophie de vie

Aaaaah… le fatalisme andalou. Mon grand-père allait se coucher tous les soirs en disant : Hasta mañana si Dios quiere. A quoi bon se préoccuper du lendemain si demain nous pouvons être morts ? Pourquoi penser trop loin si aujourd’hui nous pouvons être heureux en n’y pensant pas. Le bon côté : voir des gens souriants, heureux, positifs tous les jours (pas des râleurs qui ne sont jamais contents comme les Français).

Une manière de vivre très différente donc. Le soir après le boulot ou le we on se retrouve en famille ou entre amis. On boit des bières sur les terrasses bondées au soleil, on rit, on oublie ses problèmes, on chante, Le soir on se fait beau, les femmes sont belles, maquillées, coiffées, les hommes aussi avec leurs cheveux gominés et leurs chemises à la mode. On sort toute la nuit et on boit beaucoup. Que demander de plus ? On est heureux, non ?

El fatalismo andaluz… Mi abuelo se iba por la noche a dormir diciéndonos “Hasta mañana si Dios quiere”. ¿Para qué preocuparse de lo que pasará mañana si podemos estar muertos? ¿Por qué pensar en algo tan lejos si hoy se puede ser feliz si no se piensa en ello? Eso permite ver gente sonriente, feliz, positiva todos los días (y no protestones franceses que nunca están contentos)

Una forma de vivir muy diferente. Por la noche después de trabajar o el fin de semana la gente se encuentra entre amigos o con la familia. Se bebe cerveza en las terrazas llenas de gente, al sol. Ríen, olvidan sus problemas, cantan… Por la noche la gente se arregla, las mujeres aparecen guapas, maquilladas, peinadas, los hombres también, con su pelo gominado y sus camisas a la moda. Se sale toda lo noche, se bebe mucho. ¿Qué más se puede pedir? Somos felices, ¿no?

Un ami originaire du Nord de l’Espagne me disait quand je suis arrivée à Séville : « Tu verras, le mieux, à Séville, ce sont les relations sociales. Ici, il n’y a pas de conflits, les gens ne râlent pas, ne se fâchent pas, ne montrent pas ce qu’ils pensent, ils prennent sur eux et affichent un beau sourire ou font une blague ». Eh bien c’est vrai, ceci permet des relations beaucoup plus faciles mais cela mène aussi aux dérives dont je parlais au travail. Pourquoi provoquer des conflits si, après, ça crée une mauvaise ambiance ?

Un amigo natural del Norte de España me dijo cuando llegué a Sevilla: “Verás, lo mejor de Sevilla son las relaciones sociales. Aquí no hay conflictos, la gente no protesta, no se enfada, no deja aparecer lo que piensa, más bien deja ver una sonrisa o hace una broma”. Así es. Eso permite que las relaciones sean mucho más fáciles pero lleva a extremos como el del que hablaba en el trabajo. ¿Para qué provocar conflictos si eso complica la vida ?

 Je me surprends maintenant à évoquer cette musique reggaetón, ces soirées en discothèques si insouciantes. J’ai passé deux ans à Séville. Pourtant je suis partie, et ne le regrette pas. J’aurai pu rester, il est si facile de s’adapter, de ne pas se poser de questions, vivre au jour le jour sans penser à ce qui se passe en dehors. Les andalous ont peut-être trouvé la recette du bonheur mais elle ne m’aura pas convaincue j’ai encore besoin de voir ailleurs ; peut-être ne s’étaient-ils pas trompés, je suis une citoyenne du monde…

Me sorprendo de echar de menos el reggaetón, esas noches en discotecas tan despreocupadas… He vivido dos años en Sevilla. Sin embargo he decidido irme, y no lo lamento. Me hubiera podido quedar, es tan fácil adaptarse, no hacerse preguntas, vivir al día día sin pensar en lo que pasa fuera de allí. Puede que los andaluces hayan encontrado el camino de la felicidad pero no me ha convencido, necesito todavía ver más mundo; puede que no se hayan equivocado, soy una ciudadana del mundo…

Par Vanessa Narbona - Publié dans : vanessaaseville
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Mercredi 27 décembre 2006

Après mes deux années passées à Séville j'ai envie de vous donner cette vision de franco-sévillane dont je vous parle dans l'introduction de ce blog.

Después de estos dos años en Sevilla, tengo ganas de presentaros esta visión de franco-sevillana de la que os hablo en la introducción de este blog.

 

Alors commençons par le commencement : Séville, ma terre.

Empecemos por el principio: Sevilla, mi tierra.

 

Séville est une ville que j'ai toujours considérée comme étant “ma ville”, mais ce n'est pas tout à fait exact. Depuis toute petite, nous venions en famille passer les fêtes de fin d'année près de Séville, dans le village de mon père. Je me rappelle encore ces longs voyages en train de nuit, puis ces voyages en voiture sans autoradio avec un vieux radiocassettes et nos chansons pour seules distractions,  mais aussi ces longs voyages sans air climatisé lorsque nous descendions en été…

Mais l'accueil à Aguadulce, village de la province de Séville dont est originaire ma famille, valait le voyage. A peine la voiture entrait elle dans le village que le bruit courait: “los franceses han llegado” « les français sont arrivés », il courait de maison en maison, plus rapide que notre voiture elle-même, puisque lorsque nous arrivions à la maison de mon grand père dans la “calle del medio”, il nous attendait sur le pas de la porte déjà au courant de notre arrivée.

Puis passaient les journées auprès du brasero (que ma grand-mère entretenait avec de la vraie braise parfumée au thym, pas ces tristes braseros électriques d'aujourd'hui), des repas d'albondigas (boulettes de viande), cocidos (pot-au-feu), lentejas (lentilles), garbanzos (pois chiches)... Tous réunis dans le salon à regarder la télé et à bouquiner avec ces deux cousins si grands et si différents parlant un andalou fermé. Oh oui ! Cet andalou fermé que parlait mon grand-père! J'avais toujours besoin de deux ou trois jours d'adaptation pour comprendre ce qu'il racontait...

Sevilla es una ciudad que he considerado siempre como “mi ciudad”, aunque no sea realmente así. Desde niña, íbamos cada año a pasar las fiestas de fin de año cerca de Sevilla, en el pueblo de mi padre. Me acuerdo todavía de esos largos viajes en trenes de noche, y luego en coche sin radio donde el viejo radiocasete y nuestras canciones eran nuestras únicas distracciones, pero también estos viajes sin aire acondicionado cuando bajábamos en verano.

Pero la llegada a Aguadulce merecía la pena. A penas el coche entraba en el pueblo que corría la noticia: “los franceses han llegado”, y era tan rápida que llegaba antes que el coche, y, cuando llegábamos a la “calle del medio”, mi abuelo nos estaba esperando en la puerta.

Luego pasábamos días pegados al brasero (que mi abuela preparaba con brasas de verdad perfumada al tomillo, no esos tristes braseros eléctricos de hoy), comidas compuestas de albóndigas, de cocidos, de lentejas, de garbanzos.... Todos reunidos en el salón viendo la tele y leyendo con estos dos primos tan grandes que hablaban aquel andaluz tan cerrado. ¡Ay sí! Aquel andaluz cerrado que hablaba mi abuelo, y yo tardaba dos o tres días en llegar a entenderle.

 

En été les journées se déroulaient aussi dans la pénombre du salon de la petite maison aux murs épais pour empêcher l'air chaud d'entrer. Le soir, lorsque la température baissait enfin un peu, mes grands-parents sortaient leurs chaises sur le pas de la porte et parlaient jusqu'à la moitié de la nuit avec leurs voisins qui avaient fait de même. Avec mes parents, nous commencions la promenade habituelle: la calle del medio, la plaza del ayuntamiento, la calle chica.... nous arrêtant devant chaque maison et discutant avec la famille, les voisins, nous asseyant un instant sur les chaises que l'on nous proposait au milieu de la rue, la promenade pouvait durer des heures. La nuit passait, si longue, les fenêtres ouvertes pour avoir un peu d'air, nus tant la température était haute. Au matin, le marchand de légumes, de melons, nous réveillait en criant dans les rues. Oui, dans ce village, le temps n'existe pas, la journée s'écoule lentement, paisiblement. J'y suis retournée il y a quelques semaines et rien n'a changé, ni les maisons, ni les gens, ni les habitudes. Je me promenais avec une tante et elle disait aux gens qu'on croisait “es la hija de mi primo Manuel, el francés, la nieta del Manuel” « c’est la fille de mon cousin Manuel, le français, la petite fille du Manuel ». Ici le stress, les horaires n'existent pas, non, on est bien loin de la ville.

En verano, los días transcurrían también en la penumbra de aquel salón de la casa con muros gruesos para no dejar el aire caliente entrar. Y por la noche, cuando la temperatura bajaba por fin un poquito, mis abuelos sacaban sus sillas a la calle y se sentaban a hablar con los vecinos, que hacían lo mismo. Con mis padres, empezábamos entonces el paseo habitual : La calle del medio, la plaza del ayuntamiento, la calle chica.... Nos parábamos delante de cada casa para hablar con un vecino o un familiar, a veces nos sentábamos en las sillas que nos ofrecían, y así, el paseo podía durar horas. La noche pasaba, eterna, las ventanas abiertas para que entrara un poco de aire, desnudos, tan insoportable el calor era. Por la mañana, nos despertaba el vendedor de verduras o de melones gritando en las calles. Porque en ese pueblo, el tiempo no existe, el día pasa lentamente, apaciblemente. He vuelto a ir hace unas semanas y nada ha cambiado, ni las casas, ni la gente, ni las costumbres. Paseaba con una tía y le decía a la gente con quien nos cruzábamos “es la hija de mi primo Manuel, el francés, la nieta del Manuel”. Aquí no hay estrés, los horarios no existen, no, estamos muy lejos de la ciudad.

 

La ville justement, Séville, à laquelle on allait de temps en temps. Elle m'émerveillait. C'est là-bas qu'habitaient mes cousins. Los toldos de la Calle Sierpes, el Real Alcázar, les palais, les boutiques, les petites rues du barrio de Santa Cruz, c'est drôle aujourd'hui de comparer ces souvenirs d'enfant que j'ai toujours avec les réalités que je connais maintenant. Je me souviens d'une visite nocturne de Séville avec un ami de mes oncles, une visite rythmée d'anecdotes, de mythes et de légendes. Qu'est-ce que cette ville me faisait rêver! Que je la trouvais belle! Mon père, qui a étudié à Séville, m'en parlait aussi: la Feria, la Semana Santa, au fil des années nous suivions toutes ces traditions de loin, nous les voyions à la télé, je m'y préparais prenant de cours de danse flamenco, rêvant de porter une robe de gitana un jour et de marcher sur le sable du Real de la Feria.

Eso es, la ciudad, Sevilla, a donde íbamos de vez en cuando. Me fascinaba. Allí vivían mis primos. Los toldos de la Calle Sierpes, el Real Alcázar, los palacios, las tiendas, las callecitas del Barrio de Santa Cruz, qué extraño resulta ahora recordar aquellas imágenes de niña y compararlas con las realidades que conozco ahora. Me acuerdo de una visita nocturna de Sevilla con un amigo de mis tíos que nos contaba anécdotas, mitos y leyendas de la ciudad. ¡Cómo me hacía soñar esta ciudad! ¡Qué bella la veía! Mi padre, que estudió en Sevilla, me hablaba de ella muy a menudo: La Feria, La Semana Santa, a lo largo de los años seguíamos estas tradiciones desde lejos, las veíamos por la tele, me preparaba yendo a clases de baile flamenco, soñando llevar algún día un traje de gitana de verdad y pisar el albero del Real de la Feria.

 

Et bien maintenant je la connais Séville, j'ai habité dans le quartier de Santa Cruz, au cœur même du centre touristique, et dans le barrio de las calles Feria/San Luis, quartier populaire du centre de Séville. J'ai aussi habité à Tomares, village des hauteurs (EL Aljarafe) de Séville. Je me suis émerveillée devant les couleurs, les robes, les musiques de la Feria, et j'ai été émue durant les processions del Silencio durant la Madrugá. Je me suis baladée, perdue dans ces petites rues du Barrio de Santa Cruz, j'ai flâné dans les rues de Triana, ou sur cette promenade longeant le Guadalquivir, je suis entrée dans les palais et les églises (magnifique Casa de Pilatos…). J'ai aussi connu les embouteillages du matin pour aller au boulot, du vendredi après midi pour sortir de Séville en direction de la plage. J'ai vécu les travaux successifs, la création de la piste cyclable de la Ronda de Capuchinos, les travaux du métro, l'interminable restauration de l'église du Salvador.... J'ai connu le froid des maisons pas préparées pour l'hiver (même en Finlande je n'ai pas eu aussi froid) et les airs conditionnés à pleine puissance qui me faisaient tomber malade lorsque dehors il faisait plus de 40 ºC. J'ai admiré la vue depuis le pont de Triana, depuis le haut de la Giralda ou encore de la Torre Triana, j'ai senti le jasmin fleuri dans les jardins du monastère de la Cartuja sous une douce lumière de septembre, j'ai glissé sur le fleuve Guadalquivir en admirant ses berges calmes, je me suis assise auprès d'une fontaine dans les palais de l'Alcazar, j'ai admiré le pavillon d'Hassan II au milieu du délabrement des restes de l'expo 92... Oui je connais ses travers mais je l'aime toujours autant, cette ville. Elle est chargée d'histoire, elle est authentique, elle ne se modernise pas beaucoup, elle n'évolue pas très vite, elle n'est pas très propre, ni très organisée, elle manque de routes, de ponts mais… elle est pleine de charme...

Ahora sí conozco Sevilla, he vivido en el Barrio de Santa Cruz, en el corazón turístico, en el barrio de las calles Feria/San Luis, barrio popular del centro. También he vivido en el Aljarafe, en Tomares. Me he maravillado con los colores, los trajes, los bailes de la Feria, y me han emocionado las procesiones del Silencio durante la Madrugá. He paseado y me he perdido en las pequeñas calles de Santa Cruz, he vagueado por las calles de Triana o por el paseo que bordea el Guadalquivir., he entrado en los palacios y en las iglesias (magnífica Casa de Pilatos...). También he conocido los atascos para ir a trabajar o para salir de Sevilla en dirección de la playa los viernes por la tarde. He vivido las obras sucesivas, la creación de la pista para ciclistas en la Ronda de Capuchinos, las obras del metro, la interminable restauración de la iglesia del Salvador... He conocido el frío de las casas sevillanas en invierno (no he pasado nunca tanto frío, ni siquiera en Finlandia), los aires condicionados a tope que me ponían mala cuando hacía más de 40 grados fuera. He admirado la vista desde el puente de Triana, desde la torre del Guadalquivir y de la Torre Triana, he olido el jazmín en flor en los jardines del monasterio de la Cartuja en una dulce luz de final de septiembre, he deslizado sobre el Guadalquivir admirando sus orillas tranquilas, me he sentado al lado de una fuente de los jardines del Alcázar, he visto el pabellón de Hassan II en medio del deterioro de lo que queda de la expo 92... Sí, conozco sus defectos, pero quiero esta ciudad igual que antes. Está cargada de historia, es auténtica, no se moderniza mucho, no evoluciona muy rápidamente, no es muy limpia, ni muy organizada, faltan carreteras y puentes para circular… pero tiene “algo”….

 

Et puis vivre à Séville m'a permis de voir bien d'autres trésors de cette terre: Almería et son Cabo de Gata, Málaga et El Palo, Cádiz et sa plage de la Caleta, mais aussi La Sierra Norte, les plages de Zahara de los Atunes, celles de Punta Umbría, les patios de Cordoue, Grenade et son Alhambra et tant d’autres choses… 

Oui, l'Andalousie est une terre riche et changeante. Elle mérite de s'y arrêter, de l'explorer... et je crois l'avoir fait autant que je le pouvais.

Y además Sevilla me ha permitido conocer otros tesoros de esta tierra: Almería y su Cabo de Gata, Málaga y El Palo, Cádiz y su playa de la Caleta pero también la Sierra Norte, las playas de Zahara de los Atunes, las de Punta Umbría, los patios de Córdoba, Granada y su Alhambra y tantas cosas más…

Sí, Andalucía es una tierra rica y cambiante. Merece la pena pararse, explorarla... y creo haberlo hecho tanto como lo podía.

 

Bientôt la deuxième partie…

Continuará....

Par Vanessa Narbona - Publié dans : vanessaaseville
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