Après mes deux années passées à Séville j'ai envie de vous donner cette vision de franco-sévillane dont je vous parle dans l'introduction de ce blog.
Después de estos dos años en Sevilla, tengo ganas de presentaros esta visión de franco-sevillana de la que os hablo en la introducción de este blog.
Alors commençons par le commencement : Séville, ma terre.
Empecemos por el principio: Sevilla, mi tierra.
Séville est une ville que j'ai toujours considérée comme étant “ma ville”, mais ce n'est pas tout à fait exact. Depuis toute petite, nous venions en famille passer les fêtes de fin d'année près de Séville, dans le village de mon père. Je me rappelle encore ces longs voyages en train de nuit, puis ces voyages en voiture sans autoradio avec un vieux radiocassettes et nos chansons pour seules distractions, mais aussi ces longs voyages sans air climatisé lorsque nous descendions en été…
Mais l'accueil à Aguadulce, village de la province de Séville dont est originaire ma famille, valait le voyage. A peine la voiture entrait elle dans le village que le bruit courait: “los franceses han llegado” « les français sont arrivés », il courait de maison en maison, plus rapide que notre voiture elle-même, puisque lorsque nous arrivions à la maison de mon grand père dans la “calle del medio”, il nous attendait sur le pas de la porte déjà au courant de notre arrivée.
Puis passaient les journées auprès du brasero (que ma grand-mère entretenait avec de la vraie braise parfumée au thym, pas ces tristes braseros électriques d'aujourd'hui), des repas d'albondigas (boulettes de viande), cocidos (pot-au-feu), lentejas (lentilles), garbanzos (pois chiches)... Tous réunis dans le salon à regarder la télé et à bouquiner avec ces deux cousins si grands et si différents parlant un andalou fermé. Oh oui ! Cet andalou fermé que parlait mon grand-père! J'avais toujours besoin de deux ou trois jours d'adaptation pour comprendre ce qu'il racontait...
Sevilla es una ciudad que he considerado siempre como “mi ciudad”, aunque no sea realmente así. Desde niña, íbamos cada año a pasar las fiestas de fin de año cerca de Sevilla, en el pueblo de mi padre. Me acuerdo todavía de esos largos viajes en trenes de noche, y luego en coche sin radio donde el viejo radiocasete y nuestras canciones eran nuestras únicas distracciones, pero también estos viajes sin aire acondicionado cuando bajábamos en verano.
Pero la llegada a Aguadulce merecía la pena. A penas el coche entraba en el pueblo que corría la noticia: “los franceses han llegado”, y era tan rápida que llegaba antes que el coche, y, cuando llegábamos a la “calle del medio”, mi abuelo nos estaba esperando en la puerta.
Luego pasábamos días pegados al brasero (que mi abuela preparaba con brasas de verdad perfumada al tomillo, no esos tristes braseros eléctricos de hoy), comidas compuestas de albóndigas, de cocidos, de lentejas, de garbanzos.... Todos reunidos en el salón viendo la tele y leyendo con estos dos primos tan grandes que hablaban aquel andaluz tan cerrado. ¡Ay sí! Aquel andaluz cerrado que hablaba mi abuelo, y yo tardaba dos o tres días en llegar a entenderle.
En été les journées se déroulaient aussi dans la pénombre du salon de la petite maison aux murs épais pour empêcher l'air chaud d'entrer. Le soir, lorsque la température baissait enfin un peu, mes grands-parents sortaient leurs chaises sur le pas de la porte et parlaient jusqu'à la moitié de la nuit avec leurs voisins qui avaient fait de même. Avec mes parents, nous commencions la promenade habituelle: la calle del medio, la plaza del ayuntamiento, la calle chica.... nous arrêtant devant chaque maison et discutant avec la famille, les voisins, nous asseyant un instant sur les chaises que l'on nous proposait au milieu de la rue, la promenade pouvait durer des heures. La nuit passait, si longue, les fenêtres ouvertes pour avoir un peu d'air, nus tant la température était haute. Au matin, le marchand de légumes, de melons, nous réveillait en criant dans les rues. Oui, dans ce village, le temps n'existe pas, la journée s'écoule lentement, paisiblement. J'y suis retournée il y a quelques semaines et rien n'a changé, ni les maisons, ni les gens, ni les habitudes. Je me promenais avec une tante et elle disait aux gens qu'on croisait “es la hija de mi primo Manuel, el francés, la nieta del Manuel” « c’est la fille de mon cousin Manuel, le français, la petite fille du Manuel ». Ici le stress, les horaires n'existent pas, non, on est bien loin de la ville.
En verano, los días transcurrían también en la penumbra de aquel salón de la casa con muros gruesos para no dejar el aire caliente entrar. Y por la noche, cuando la temperatura bajaba por fin un poquito, mis abuelos sacaban sus sillas a la calle y se sentaban a hablar con los vecinos, que hacían lo mismo. Con mis padres, empezábamos entonces el paseo habitual : La calle del medio, la plaza del ayuntamiento, la calle chica.... Nos parábamos delante de cada casa para hablar con un vecino o un familiar, a veces nos sentábamos en las sillas que nos ofrecían, y así, el paseo podía durar horas. La noche pasaba, eterna, las ventanas abiertas para que entrara un poco de aire, desnudos, tan insoportable el calor era. Por la mañana, nos despertaba el vendedor de verduras o de melones gritando en las calles. Porque en ese pueblo, el tiempo no existe, el día pasa lentamente, apaciblemente. He vuelto a ir hace unas semanas y nada ha cambiado, ni las casas, ni la gente, ni las costumbres. Paseaba con una tía y le decía a la gente con quien nos cruzábamos “es la hija de mi primo Manuel, el francés, la nieta del Manuel”. Aquí no hay estrés, los horarios no existen, no, estamos muy lejos de la ciudad.
La ville justement, Séville, à laquelle on allait de temps en temps. Elle m'émerveillait. C'est là-bas qu'habitaient mes cousins. Los toldos de la Calle Sierpes, el Real Alcázar, les palais, les boutiques, les petites rues du barrio de Santa Cruz, c'est drôle aujourd'hui de comparer ces souvenirs d'enfant que j'ai toujours avec les réalités que je connais maintenant. Je me souviens d'une visite nocturne de Séville avec un ami de mes oncles, une visite rythmée d'anecdotes, de mythes et de légendes. Qu'est-ce que cette ville me faisait rêver! Que je la trouvais belle! Mon père, qui a étudié à Séville, m'en parlait aussi: la Feria, la Semana Santa, au fil des années nous suivions toutes ces traditions de loin, nous les voyions à la télé, je m'y préparais prenant de cours de danse flamenco, rêvant de porter une robe de gitana un jour et de marcher sur le sable du Real de la Feria.
Eso es, la ciudad, Sevilla, a donde íbamos de vez en cuando. Me fascinaba. Allí vivían mis primos. Los toldos de la Calle Sierpes, el Real Alcázar, los palacios, las tiendas, las callecitas del Barrio de Santa Cruz, qué extraño resulta ahora recordar aquellas imágenes de niña y compararlas con las realidades que conozco ahora. Me acuerdo de una visita nocturna de Sevilla con un amigo de mis tíos que nos contaba anécdotas, mitos y leyendas de la ciudad. ¡Cómo me hacía soñar esta ciudad! ¡Qué bella la veía! Mi padre, que estudió en Sevilla, me hablaba de ella muy a menudo: La Feria, La Semana Santa, a lo largo de los años seguíamos estas tradiciones desde lejos, las veíamos por la tele, me preparaba yendo a clases de baile flamenco, soñando llevar algún día un traje de gitana de verdad y pisar el albero del Real de la Feria.
Et bien maintenant je la connais Séville, j'ai habité dans le quartier de Santa Cruz, au cœur même du centre touristique, et dans le barrio de las calles Feria/San Luis, quartier populaire du centre de Séville. J'ai aussi habité à Tomares, village des hauteurs (EL Aljarafe) de Séville. Je me suis émerveillée devant les couleurs, les robes, les musiques de la Feria, et j'ai été émue durant les processions del Silencio durant la Madrugá. Je me suis baladée, perdue dans ces petites rues du Barrio de Santa Cruz, j'ai flâné dans les rues de Triana, ou sur cette promenade longeant le Guadalquivir, je suis entrée dans les palais et les églises (magnifique Casa de Pilatos…). J'ai aussi connu les embouteillages du matin pour aller au boulot, du vendredi après midi pour sortir de Séville en direction de la plage. J'ai vécu les travaux successifs, la création de la piste cyclable de la Ronda de Capuchinos, les travaux du métro, l'interminable restauration de l'église du Salvador.... J'ai connu le froid des maisons pas préparées pour l'hiver (même en Finlande je n'ai pas eu aussi froid) et les airs conditionnés à pleine puissance qui me faisaient tomber malade lorsque dehors il faisait plus de 40 ºC. J'ai admiré la vue depuis le pont de Triana, depuis le haut de la Giralda ou encore de la Torre Triana, j'ai senti le jasmin fleuri dans les jardins du monastère de la Cartuja sous une douce lumière de septembre, j'ai glissé sur le fleuve Guadalquivir en admirant ses berges calmes, je me suis assise auprès d'une fontaine dans les palais de l'Alcazar, j'ai admiré le pavillon d'Hassan II au milieu du délabrement des restes de l'expo 92... Oui je connais ses travers mais je l'aime toujours autant, cette ville. Elle est chargée d'histoire, elle est authentique, elle ne se modernise pas beaucoup, elle n'évolue pas très vite, elle n'est pas très propre, ni très organisée, elle manque de routes, de ponts mais… elle est pleine de charme...
Ahora sí conozco Sevilla, he vivido en el Barrio de Santa Cruz, en el corazón turístico, en el barrio de las calles Feria/San Luis, barrio popular del centro. También he vivido en el Aljarafe, en Tomares. Me he maravillado con los colores, los trajes, los bailes de la Feria, y me han emocionado las procesiones del Silencio durante la Madrugá. He paseado y me he perdido en las pequeñas calles de Santa Cruz, he vagueado por las calles de Triana o por el paseo que bordea el Guadalquivir., he entrado en los palacios y en las iglesias (magnífica Casa de Pilatos...). También he conocido los atascos para ir a trabajar o para salir de Sevilla en dirección de la playa los viernes por la tarde. He vivido las obras sucesivas, la creación de la pista para ciclistas en la Ronda de Capuchinos, las obras del metro, la interminable restauración de la iglesia del Salvador... He conocido el frío de las casas sevillanas en invierno (no he pasado nunca tanto frío, ni siquiera en Finlandia), los aires condicionados a tope que me ponían mala cuando hacía más de 40 grados fuera. He admirado la vista desde el puente de Triana, desde la torre del Guadalquivir y de la Torre Triana, he olido el jazmín en flor en los jardines del monasterio de la Cartuja en una dulce luz de final de septiembre, he deslizado sobre el Guadalquivir admirando sus orillas tranquilas, me he sentado al lado de una fuente de los jardines del Alcázar, he visto el pabellón de Hassan II en medio del deterioro de lo que queda de la expo 92... Sí, conozco sus defectos, pero quiero esta ciudad igual que antes. Está cargada de historia, es auténtica, no se moderniza mucho, no evoluciona muy rápidamente, no es muy limpia, ni muy organizada, faltan carreteras y puentes para circular… pero tiene “algo”….
Et puis vivre à Séville m'a permis de voir bien d'autres trésors de cette terre: Almería et son Cabo de Gata, Málaga et El Palo, Cádiz et sa plage de la Caleta, mais aussi La Sierra Norte, les plages de Zahara de los Atunes, celles de Punta Umbría, les patios de Cordoue, Grenade et son Alhambra et tant d’autres choses…
Oui, l'Andalousie est une terre riche et changeante. Elle mérite de s'y arrêter, de l'explorer... et je crois l'avoir fait autant que je le pouvais.
Y además Sevilla me ha permitido conocer otros tesoros de esta tierra: Almería y su Cabo de Gata, Málaga y El Palo, Cádiz y su playa de la Caleta pero también la Sierra Norte, las playas de Zahara de los Atunes, las de Punta Umbría, los patios de Córdoba, Granada y su Alhambra y tantas cosas más…
Sí, Andalucía es una tierra rica y cambiante. Merece la pena pararse, explorarla... y creo haberlo hecho tanto como lo podía.
Bientôt la deuxième partie…
Continuará....